Roumanie : chasse a l'ours pour enrayer la rage...

 

Depuis le décès samedi dernier d'un homme mordu par un ours enragé, le maire de Brasov a affirmé vouloir faire euthanasier les ours qui descendent des forêts entourant la ville pour chercher de la nourriture dans les poubelles.

"Je ne vais plus tolérer cette cohabitation qui dure depuis des mois entre les ours et des habitants des banlieues de Brasov, qui encouragent inconsciemment les animaux sauvages à chercher de la nourriture dans la ville", a confié M. Scripcaru.

 



Il était évident que les pratiques des habitants conduiraient à l'accident et à ses conséquences dramatiques pour les ours. Lors de notre voyage en Roumanie, nous avions pu constater que certains habitants prenaient un malin plaisir à encourager les ours en déversant volontairement des appâts odorants dans les containers à peine vidés. Ces derniers mois, les "ours aux poubelles" de Brasov étaient devenus une véritable attraction pour les habitants et surtout pour les touristes roumains et étrangers, très nombreux à visiter cette ville historique. Un incident avait été signalé en juin dernier lorsque deux personnes avaient du se réfugier dans un hall d'immeuble pour échapper aux ours, mais aucune mesure de prévention n'a été prise ! L'installation de containers anti-ours, assortie d'un protocole d'effarouchement, auraient pourtant pu suffire pour éviter ces problèmes... et à décourager les ours de revenir.

"La fréquente utilisation de la viande en guise d'appât par un nombre croissant de chasseurs, incite les animaux à ne plus chercher par eux-mêmes de la nourriture dans les bois", a estimé un responsable de l'association des chasseurs, Nicolae Selaru.

Pour notre part, nous pensons qu'il n'y a pas que les chasseurs qui sont responsables de la situation avec les ours, car nous avons pu constater sur place, que bon nombre de personnes vont jusqu'à faire des grillades en pleine montagne, et surtout en pleine zone à ours ! Outre les risques d'incendies, il est évident que les odeurs de nourriture attirent les ours, il faut donc être complètement inconscient pour se livrer à pareilles activités. Les accidents étaient inévitables dans ces conditions. Il est trop facile d'incriminer les ours après avoir accumulé autant d'erreurs (mais en est-ce vraiment ?) et d'utiliser les accidents comme prétexte pour les abattre. Les 5.000 ours (chiffres officiels) de Roumanie ont donc pris l'habitude de consommer la nourriture offerte par l'homme et viennent fouiller les poubelles.

Conformément aux souhaits du maire, des dizaines de chasseurs guettent les lisières des forêts qui entourent Brasov (350.000 habitants), afin d'abattre un grand nombre d'ours.

"J'ai demandé à l'association des chasseurs d'abattre le plus grand nombre possible d'ours, afin d'empêcher une propagation de la rage, car, avant toute chose, j'ai le devoir de protéger les habitants de cette ville", a déclaré mercredi à l'AFP M. Scripcaru.

Plusieurs quartiers de la ville ont été mis en quarantaine pour les trois mois qui viennent et sont sous la surveillance d'une cinquantaine de policiers et gendarmes jour et nuit.

Les autorités recherchent une cinquantaine de chiens, chats et renards susceptibles d'avoir été contaminés afin de les vacciner. Mais si vraiment l'ours était enragé (ce dont nous n'avons pas pu obtenir la preuve), ne serait-ce pas l'inverse ? N'aurait-il pas été contaminé par un animal domestique ? Il est regrettable que la Roumanie n'ait pas déployé tous les moyens aujourd'hui disponibles pour éradiquer la rage sur son territoire. Nous déplorons également que la vaccination de la faune sauvage et des ours en particulier (espèce protégées à l'échelle européenne) ne soit même pas envisagée... et que seule leur chasse semble être à l'ordre du jour pour enrayer une épidémie de rage. La Roumanie est l'un des rares pays européens où le gros "gibier" abonde toujours et les quotas de chasse (342 ours et 555 loups pour 2005) sont très élevés. Ces chiffres du gibier donnés par les autorités seraient cependant surévalués pour des raisons économiques, d'après nos contacts avec la Fondation AVES, et d'après nos propres constations sur place. (cf. Il faut stopper le massacre des Ours de Roumanie !)